© Rudy Ouazene

Culture et patrimoine

Église Saint-Germain-l’Auxerrois retrouve tous ses atours

Fin janvier, quinze tableaux restaurés, dont six classés Monuments historiques, ont retrouvé leur place sous la nef de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois. L’aboutissement d’une longue période de réhabilitation du plus ancien édifice de la ville.

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Un article de Catherine Portaluppi publié dans Canal n°334 mars 2025

L’avant/après est saisissant ! Avant : des tableaux à la toile parfois déchirée en de multiples endroits, aux teintes très assombries. Après : une explosion de couleurs qui redonnent leur splendeur d’origine à ces œuvres dont certaines datent du XVIIe siècle.

Pour obtenir ce résultat, il aura fallu dix mois d’intervention, temps de séchage compris : « Sur certaines œuvres, victimes de grosses déchirures, nous avons dû commencer par rétablir la continuité du support avant de reconstituer l’image manquante, explique Marie-Laure Martiny, l’une des restauratrices. Ces tableaux menaçaient de tomber en ruine, ils avaient été décloués de leur châssis, la peinture se décollait. Sur certains, les vernis, très épais, étaient oxydés, encrassés et brunis. Le nettoyage a été spectaculaire ! »

Des objets de dévotion

Les cadres ont également été restaurés, redorés voire recréés de toutes pièces : « Ce sont des encadrements simples, élégants et sobres, conçus d’après un modèle existant parmi les tableaux de l’église afin d’apporter une unité à l’ensemble », précise Nicolas Mariotti restaurateur de dorures.

Jean-Paul Mauduit, architecte du patrimoine chargé de la restauration de l’édifice, précise : « Saint-Germain-L’Auxerrois a été mise à nu dans les années 60, au moment de Vatican II qui prônait le retour aux églises d’origine. Aujourd’hui, ces tableaux retrouvent leur rôle d’objets de dévotion, accrochés en hauteur justement pour faire lever la tête aux fidèles. » Un accrochage lui aussi très délicat, dans un bâtiment aux murs ornés d’un badigeon conforme à son état originel...

Apporter de la beauté

« Il est très important d’assurer l’entretien de ce patrimoine et, en cela, d’apporter un peu de beauté aux Pantinois dans leur quotidien, défend Charline Nicolas, adjointe au maire déléguée aux Cultures, aux Mémoires et aux Patrimoines. Au-delà d’être un lieu de culte, cette église, reconstruite en 1664, classée Monuments historiques, est un édifice central de la villeet sa restauration permet de le valoriser. »

Il aura en effet fallu trois ans de travaux, d’un montant de 7,5 millions d’euros, dont 5 supportés par la ville, pour mener à bien cette opération, depuis la reprise des fondations jusqu’à la réfection de la charpente, en passant par le travail sur les parois intérieures et extérieures. Prochain – et dernier – chantier de cette cure de jouvence menée sous l‘égide du pôle Mémoire et Patrimoine de la ville et de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) : la création de vitraux. « Nous ambitionnons qu’ils soient des éléments ornementaux, aussi bien pour l’intérieur que pour l’extérieur, participant à l’embellissement de l’avenue Jean-Lolive grâce à un jeu de lumières », conclut l’élue.